Réaffirmer les libertés académiques, ce n’est pas défendre un modèle du passé : c’est au contraire donner à l’université les moyens de répondre aux défis contemporains, en restant fidèle à ses principes fondamentaux.
Dans un précédent article, nous dénoncions la montée de la bureaucratie au sein des établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Cette montée en puissance nuit aux libertés universitaire. Or les libertés universitaires constituent un pilier fondamental des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et, au-delà , de toute société démocratique comme nous le rappelions dans un article sur l’étude de propositions de lois visant à garantir la liberté académique.
Face à ces constats, nous souhaitons réaffirmer clairement les positions que nous défendons concernant les libertés universitaires (ou libertés académiques) au sein de nos établissements :
- renforcer la collégialité dans les prises de décision ;
- garantir des procédures de recrutement transparentes et fondées sur des critères scientifiques ;
- protéger explicitement les libertés universitaires des enseignants et des chercheurs.
Pour la CFDT, il s’agit de trouver un équilibre entre nécessaire organisation des établissements et respect de l’autonomie académique. L’efficacité administrative ne peut se faire au détriment du cœur même de la mission universitaire.
Renforcer la collégialité dans les prises de décision
La collégialité constitue l’un des fondements historiques et démocratiques de l’université. Elle garantit que les choix structurants – qu’il s’agisse des orientations scientifiques, de l’offre de formation ou des politiques de recrutement – soient débattus collectivement par les pairs. Pourtant, cette collégialité s’est progressivement affaiblie au profit de modes de gouvernance plus centralisés. Redonner toute sa place au débat académique suppose de renforcer le rôle des conseils élus, d’assurer une représentation équilibrée des différentes composantes de la communauté universitaire et de limiter la concentration des pouvoirs décisionnels. Il s’agit aussi de reconnaître le temps nécessaire à la délibération collective comme une condition de décisions éclairées et légitimes.
Garantir des procédures de recrutement transparentes et fondées sur des critères scientifiques
Le recrutement des enseignants-chercheurs est un moment clé pour l’avenir des disciplines et la qualité de l’enseignement supérieur. Il doit reposer sur des critères scientifiques clairs, partagés et évalués par les pairs. Or, des dérives peuvent apparaître lorsque les processus sont insuffisamment transparents ou soumis à des logiques locales. Il est donc essentiel de garantir l’indépendance des comités de sélection, de rendre publics les critères d’évaluation et de veiller à ce que les décisions finales respectent les avis scientifiques émis. Renforcer les exigences de transparence, c’est non seulement préserver l’équité entre les candidates et candidats, mais aussi assurer la crédibilité et l’excellence du système universitaire.
Protéger explicitement les libertés universitaires des enseignants et des chercheurs
La liberté d’enseigner, de chercher et de s’exprimer constitue le cÅ“ur du métier académique. Elle permet l’exploration de nouvelles idées, la remise en question des savoirs établis et la participation au débat public. Cette liberté ne peut être simplement implicite : elle doit être reconnue, protégée et garantie par des dispositifs clairs. Cela implique de mieux sécuriser l’indépendance des enseignants et des chercheurs face aux pressions institutionnelles ou politiques, et de garantir leur liberté d’expression dans et hors de l’université. Protéger ces libertés, ce n’est pas accorder un privilège, mais défendre une condition indispensable à la production d’un savoir libre, critique et au service de la société.
