Droits d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers : le passage en force

Le gouvernement vient d'imposer par décret aux universités l'application stricte des droits différenciés pour les étudiants étrangers. La CFDT s'est, dès 2019, opposée à cette mesure.

Le gouvernement vient de publier le décret n°2026-385 du 19 mai 2026 relatif aux modalités d’exonération des droits d’inscription des étudiants étrangers suivant une formation dans les établissements publics d’enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l’enseignement supérieur.

Ce décret vise à contraindre les universités à appliquer à leurs étudiants étrangers les montants différenciés des droits d’inscription — en clair, l’application d’un tarif beaucoup plus élevé pour cette population particulièrement fragile. Il procède dans une urgence débridée, sans se soucier de concertation avec les représentants des personnels et des étudiants. Le CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche ) a été convoqué à titre extraordinaire le 5 mai pour donner un avis sur ce texte, qui n’a été communiqué que le 28 avril aux organisations syndicales.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques s’oppose fermement à cette mesure profondément discriminatoire, contraire aux valeurs d’ouverture du service public de l’enseignement supérieur que nous portons.

Cette mesure organise une sélection par l’argent et réserve l’accès à l’université française aux seules familles les plus riches. Elle affaiblit le rayonnement international des universités françaises et fragilise les établissements.

Nous étions déjà fermement opposés à l’instauration de cette mesure en 2019, pour les mêmes raisons. Depuis 2019, les universités ont tenté de limiter les dégâts causés par cette mesure inique, en accordant des exonérations de droits d’inscription au maximum de  ce que leur permettait la règlementation. Le projet de décret veut interdire ces exonérations. Notons ici l’hypocrisie du gouvernement qui d’un côté dit promouvoir l’autonomie des universités et de l’autre revient sur cette autonomie dès qu’elle ne va pas dans la direction qu’il souhaite.