[CANICULE] Académie de Lyon : face aux questions des syndicats, des réponses jugées insatisfaisantes du Rectorat

Le lundi 22 juin, le Rectorat de l'Académie de Lyon a convié les différents syndicats afin d'échanger sur la situation des établissements scolaires face à la canicule.

Ce 20 juin 2026 avait lieu une visio ministérielle afin de parler de la situation à l’échelle nationale. Le Rectorat de l’Académie de Lyon a décliné cette visio ce lundi 22 juin en présence de trois organisations syndicales, dont la CFDT. L’occasion d’échanger sur les conséquences et les adaptations face à la canicule en cours.

Au moment de cette visio, les trois départements de l’Académie étaient placés en vigilance orange canicule. Ce n’est pas parce que nous n’exerçons pas à Bordeaux ou à Poitiers que nous ne souffrons pas collectivement de la chaleur.

Quelle situation au local ?

Selon le Rectorat, au 22 juin, aucun établissement scolaire de l’Académie ne faisait l’objet d’une fermeture. Cependant, quelques établissements procédaient à des aménagements sur les temps de l’après-midi. Cela concernait :

  • 24 écoles et établissements dans l’Ain ;
  • 72 dans le Rhône ;
  • 30 dans la Loire.

Ces aménagements sont le fruit de décisions des chefs d’établissements (2nd degré) et des mairies et des inspecteurs d’académie (1er degré).

Dans les établissements du 2nd degré, en l’absence d’élèves, la présence des AED n’est pas requise. Il a pourtant pu être demandé aux AED d’effectuer des tâches. Ce sont les chefs d’établissements qui apprécient les besoins.

Face à la quantité de fiches saisies sur le RSST (Registre Santé Sécurité au Travail), il nous a été rappelé que les responsables ont tous reçu les consignes de prévention.

DERNIÈRE MINUTE : Les personnels du 1er degré confrontés à la chaleur et exposés à des problèmes de santé particuliers ont la possibilité d’adresser une demande d’autorisation d’absence à leur circonscription. Cette mesure ne concerne pour le moment que le département du Rhône.

Quid des élèves du 2nd degré ?

Depuis le lundi 15 juin, les élèves de 2nde effectuent leur stage d’observation. Ces derniers le suivent dans des conditions très variables et ne se confrontent pas à la canicule de la même manière. Le stage se fait donc dans les mêmes conditions d’accueil que les salariés. Ainsi, en cas de télétravail des salariés, le stage d’observation s’interrompt.

Dans le cadre des examens (DNB, baccalauréat), le Rectorat a consulté l’ensemble des centres d’examen. Seuls 4 établissements présenteraient des conditions défavorables. Ce sont donc 168 candidats aux examens qui recevront une nouvelle convocation. A l’heure actuelle, aucune menace ne pèse sur l’organisation du DNB, le Rectorat comptant sur des températures moins élevées.

De même, dans le cadre des oraux de français, le Rectorat a annoncé le prêt de climatiseurs afin de ne pas repousser les épreuves. Ces solutions sont minces face à l’ampleur du phénomène.

Les revendications de la CFDT

Dans le cadre de la canicule en cours, la CFDT Éducation Formation Recherches Publiques porte un certain nombre de revendications, à l’échelle nationale et à l’échelle locale :

  • Faire du respect des conditions de travail des agents (y compris celles et ceux qui ne relèvent pas de l’Éducation nationale) et des conditions d’accueil des élèves la boussole des décisions ;

  • Privilégier l’analyse locale de la situation pour établir si l’accueil est possible. S’il ne l’est pas, voir comment protéger au mieux les membres de la communauté éducative. S’il faut fermer, qu’il n’y ait pas de pression inutile sur celles et ceux dont la responsabilité est engagée. Si un accueil minimum est prévu (dans le cas d’élèves davantage exposés à leur domicile) qu’il permette là aussi le respect des conditions de travail ;

  • Avoir une vigilance toute particulière sur l’ensemble des personnels vulnérables, quel que soit leur statut ;
  • Intégrer la canicule dans l’organisation quotidienne des établissements avec le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et le plan particulier de mise en sûreté (PPMS) car celle-ci n’est plus une exception ;

  • Trouver rapidement les meilleures adaptations pour les personnels et les élèves sur la question des examens. Nous considérons comme absurde la tenue des examens dans un contexte d’urgence ;

  • Ne pas sombrer, en matière d’adaptation climatique, dans le raisonnement à court terme qui consiste à climatiser à outrance avec des appareils qui vont participer à la dégradation du climat. Pour cela, l’adaptation du bâti scolaire apparaît dans notre charte revendicative, adoptée lors de notre dernier congrès.