Quelle situation sanitaire dans l’Académie ?

Nous avons été reçus en audience intersyndicale le 15 septembre. Nous sommes arrivés plutôt remontés, suite aux nombreux signalements de dysfonctionnements. Mais nous avons l’impression que les représentants des personnels ont été entendus lors de cette réunion constructive.

M. le Recteur a commencé la réunion en affirmant que la rentrée se passe « du mieux possible » compte-tenu du contexte que nous connaissons.

Il rappelle deux priorités ;

  • assurer la sécurité sanitaire

  • reprendre les apprentissages le plus rapidement possible dans les conditions pédagogiques les plus normales possibles.

Le Sgen-CFDT a exprimé son sentiment d’impréparation de la rentrée. Partout, tout le monde a essayé de faire au mieux (expression souvent utilisée par M. le Recteur). Mais nous regrettons que le Ministère ait souhaité faire « comme avant » mais dans l’urgence, sans accorder de temps aux équipes (lire nos 12 propositions pour une rentrée réussie).

Ce point ayant été dit, les organisations syndicales ont pu faire toutes leurs remarques. M. le Recteur ainsi que le Secrétaire Général de l’Académie ont apporté des réponses précises, et ont été à l’écoute.

Sur la sécurité sanitaire

M. le Recteur rappelle que le protocole a été adapté au contexte : quelques règles générales, à décliner sur place. M. le recteur insiste sur la limitation du brassage, pour limiter les chaines de transmission. Il propose de créer plusieurs collectifs dans un établissement (par exemple, diviser un établissement de 600 élèves en 4 collectifs de 150 élèves).

Les représentants du personnel que nous sommes avons fait remarquer que les tailles des établissements empêchent la limitation du brassage. Par ailleurs, les élèves sont brassés sur le temps périscolaire, lors de déplacements à la cantine ou à la piscine.

Le Secrétaire Général précise que le protocole sanitaire est celui des écoles et des collèges : temps scolaire ou périscolaire. A l’inverse, quand les élèves sortent de l’établissement, le protocole ne s’applique plus.

Le CTSA de cette semaine exposera la manière d’agir dans les services déconcentrés.

Masques, masques et masques (et gel…)

200 000 masques chirurgicaux de type II (plus protecteurs) sont mis à disposition des collègues vulnérables. Lorsque nous avons signalé que certains collègues s’étaient vu remettre des masques de type I (voir notre article), M. le Secrétaire Général a assuré qu’il y avait bien des masques de type II dans toutes les circonscriptions (10 masques par personne).

Depuis la rentrée, il existe une catégorie de personnels très vulnérables. Pour eux, c’est un aménagement de leurs conditions de travail ou une autorisation spéciale d’absence qui sont préconisés.

Les représentants du personnel ont indiqué que certains établissements financaient l’achat de masques ou de gel sur les crédits pédagogiques. On nous a bien répondu que cela ne devait pas être le cas, et que les éventuels manques étaient à faire remonter à la collectivité territoriale.

Les masques transparents seront d’abord destinés aux les professeurs et AESH avec des élèves sourds ou malentendants. Nous n’avons pas eu de réponse quant à une date de livraison.

Manque de remplacement

En cas de Covid, le directeur, la directrice ou le chef d’établissement signale les faits, fournit la liste des personnes contact. 24h après, l’ARS valide les cas contact. À la fin des 7 jours d’isolement, un test est effectué pour le retour en établissement. La fermeture de classe ou d’établissement ne peut être prononcée que par le Préfet.

Dans l’académie, 97 classes fermées, 430 cas avérés. Il n’y a pas eu de fermeture sanitaire d’établissement : les écoles fermées le sont par manque de remplacement.

Les organisations syndicales ont fait remonter leur inquiétude sur l’absence de remplacement des AED et AESH. Le Secrétaire Général a demandé aux Inspections Académiques que l’on recrute les AESH, même sans notifications d’élèves, afin de remplacer des AESH.

Quant au manque de remplacement d’enseignant, le Secrétaire Général indique avoir moins de 1 % de postes non pourvus, et qu’il n’y a pas de manque à ce niveau. Il a souhaité déclencher le remplacement dès que possible dans le 1er degré, et dit aider les chefs d’établissements du second degré pour avoir des remplaçants rapidement.

Et la pédagogie ?

D’un point de vue pédagogique, aujourd’hui, il semble que nous n’ayons pas de déperdition d’élèves. L’enveloppe d’HSE pour l’académie a été abondée de 45000 HSE sur la dotation Devoirs Faits en collège. Dans les lycées, 12000 HSE pour l’académie pour qu’au cas par cas, à l’issue des tests de positionnement, les proviseurs puissent saisir leur DASEN pour avoir une rallonge en HS.

Que faire en cas de CoVid ?

Une circulaire ministérielle est en cours de rédaction pour définir les cas de figures des différents agents. Voici ce qu’elle devrait contenir (mise à jour : 15 sept).

Pour un cas contact :

  • enseignant : télétravail à condition que ce soit sur son emploi du temps ordinaire, avec les élèves en classe, sinon ASA. Attention, il y a un délai entre la 1ere liste faite par le chef, et la liste faite par l’ARS.
  • administration : télétravail en droit commun (3 jours par semaine maximum) et/ou ASA.
  • garde des enfants en cas de classe fermée : télétravail (3 jours par semaine maximum), relais du conjoint et/ou ASA.

Le Sgen-CFDT demande l’ouverture de discussions au niveau local afin d’aboutir à des accords relatif au télétravail. Les personnes malades sont elles placées en arrêt maladie. Le Sgen-CFDT demande la suspension du jour de carence. Son application n’est pas cohérente avec les enjeux de santé publique dans le contexte épidémique.