Directeurs d’école devant le Covid-19

Les directeurs d'école sont en première ligne pour l'accueil des enfants de soignants en cette période de confinement.

Nous leur avons donc fait passer une enquête (encore disponible ci-dessous). Voici les premiers éléments de retours, qui servent pour nos revendications à l’administration (à consulter en cliquant ici).

Une position ministérielle inacceptable

Seuls 30% des directeurs ayant répondu se sentent soutenus par leur Ministère, à qui ils reprochent une communication très optimiste alors que la réalité du terrain est tout autre.

« Le discours du ministre indiquant que nous étions prêts est inadmissible »

« Une grosse colère contre le ministre qui annonce de la continuité pédagogique qui ne fonctionne pas. La classe virtuelle du CNED non accessible, des modules non-conforme aux programmes. »

 

OùUn accompagnement local fluctuant

50% se disent bien ou très bien accompagnés par leur IEN, quand 50% se disent mal accompagnés. Les injonctions contradictoires des premiers jours ont laissé des traces, car les préparations faites dans l’urgence ont du être régulièrement modifiées. Néanmoins, une certaine stabilité semble retrouvée.

« Silence de la hiérarchie jusqu’à mercredi. Accompagnement de l’IEN par appel téléphonique ce mercredi et écoute. »

« Trop de mails avec des variations de la hiérarchie pour décliner ce que dit le ministre… »

« En ce qui concerne le Ministère, ils n’envoient que des enquêtes sans but clair. Les enquêtes de la DSDEN ont un sens et sont bien faites afin d’assurer le service minimum essentiel. »

« Extraordinaire disponibilité de l’IEN. »

« Les 1er jours ont été très difficiles en raison du nombre d’instructions envoyées jusqu’à tard le soir et le week-end. »

 

Le travail avec les communes et les familles

Si les familles se sont montrées dans l’écrasante majorité compréhensives (80%), des difficultés sont notamment apparus pour l’accueil des enfants de soignants.

« Les familles ont été compréhensives et solidaires. La mairie m’a permis le transfert de la ligne téléphonique à la maison. »

« La commune est aux abonnés absents. Pas de messages sur le périscolaire, à ce jour encore. »

L’accueil difficile des enfants

La première inquiétude mentionnée est le manque de respect des consignes de sécurité : que ce soit par un confinement parcellaire ou par un manque de matériel de protection.

« Au lieu de nous laisser dans nos écoles respectives, nous mutualisons » les enseignants et enfants des diverses communes : ce n’est pas un confinement pour nous et les mesures sanitaires ne sont pas respectées. Nous sommes donc très inquiets, pour les enfants, les enseignants et les familles. »

« Pas de gel, pas de masque, déjà un personnel périsco qui se signale positif… »

 

Une surcharge de travail et de responsabilité

Le Sgen-CFDT revendique depuis longtemps (lire ici) la reconnaissance du travail et de la responsabilité du directeur d’école. En tant de crise, cette revendication remonte du terrain.

« Si le doute était encore permis, il ne l’ ai définitivement plus : les directeurs sont des chefs d’établissement à part entière. »

« La charge de travail pour le directeur que je suis a été énorme. Je porte le poids de la responsabilité d’une organisation quasi entièrement pensée par moi avec le soutien moral de mon IEN. Je fais mon taf avec mes convictions en espérant que les familles se rendront compte de l’investissement personnel… »

« En tant que directrice, tout le monde se repose sur nous, on est encore plus que d’habitudes les intermédiaires de tout le monde.« 

 

Et vous, comment cela se passe-t-il chez vous ?