Cette année encore, le ministère continue d'imposer les évaluations nationales standardisées du CP à la 4ème, alors qu'elles n'ont toujours pas fait leur preuve, 9 ans après leur mise en place.
Des ratés avant de commencer la passation
Les services en charge de transmettre les informations nécessaires à la restitution des résultats n’ont été envoyés aux directeurs d’école qu’après la date de début des évaluations. Une charge mentale supplémentaire pour les directeurs qui ont dû alerter leurs IEN, et conseillers au numérique. L’administration n’a répondu que tardivement. Un timing serré pour une rentrée déjà chargée et complexifiée par tous les dysfonctionnements existants depuis des mois.
Des livraisons de livrets en quantité insuffisantes, des réassorts qui arrivent tardivement, des livrets adaptés à aller chercher dans les bureaux de la circonscription. Autant de grains de sable qui viennent perturber encore un peu plus le fonctionnement des écoles.
Une utilité pédagogique contestable à tous les niveaux
La CFDT insiste pour dire que les enseignant·es, ingénieur·es pédagogiques, n’en ont pourtant aucunement besoin pour penser la pédagogie de leur classe, pour remédier aux difficultés rencontrées par leurs élèves.
Un mauvais indicateur de pilotage
Les évaluations nationales sont considérées par le ministère comme un outil central de pilotage du système éducatif, voire le seul. Comme si ces données chiffrées étaient totalement objectives. Cependant, un indicateur unique ne peut suffire à piloter un système complexe et toute une politique éducative.
Une logique centrée sur les soi-disant fondamentaux mathématiques et français occulte toutes les réussites ailleurs : les autres disciplines, les « éducations à », ou encore le climat scolaire.
D’autre part, si le Ministère avait véritablement besoin de données pour piloter le système éducatif, il peut très bien le faire via des panels plutôt que de faire des évaluations massives, coûteuses financièrement.
Des interrogations sur la gestion des données des élèves
Une passation qui prend du temps sur les apprentissages
>Se déplacer pour récupérer les livrets en circonscription, saisir des résultats pour les élèves de classes élémentaires (pour les plus rapides, 12 minutes par livret), se concerter entre collègues (2h à 3h de conseils de cycle) et expliquer les résultats aux parents (15 minutes minimum par élève), ces évaluations demandent un travail et un temps considérables aux équipes dans les écoles.
Les 6 heures de compensation sur les APC dans le premier degré sont largement atteintes, et ne suffisent pas. Quid de de cette compensation pour les directeurs, déjà dispensés d’APC pour leurs missions de direction ? Nous le répétons depuis plusieurs années.
La CFDT demande 9 heures de décharge sur le temps de classe ou une rémunération équivalente pour chaque enseignant⋅e concerné⋅e par ces évaluations.
Le temps consacré à ces évaluations prive les élèves de temps consacrés aux apprentissages. Il y a un paradoxe : 6 heures des APC dédiées à la passation des évaluations. Or, ces temps d’APC sont justement des temps d’enseignement privilégiés, en petits groupes, bénéfiques pour les élèves ! La France se classe d’ailleurs parmi les derniers pays pour le soutien des élèves dans la dernière enquête PISA.
Evaluer les élèves ou les équipes ?
Dans le premier degré, évaluer les élèves dès cette rentrée sur les nouveaux programmes de mathématiques est un non-sens. Dès cette année, le livret de CE2 prévoit un travail sur les fractions. Attendre la rentrée 2028 pour évaluer les acquis sur ces nouvelles notions, qui auraient été approfondies sur plusieurs années aurait été plus judicieux.</div>
Quelle est donc l’objectif réel : évaluer les élèves ou la mise en œuvre des nouveaux programmes par les enseignants ?